À quelques semaines de la clôture, certaines dépenses bien choisies permettent à la fois de motiver vos salariés, d'entretenir vos relations d'affaires et de réduire la charge fiscale et sociale de votre entreprise. Encore faut-il respecter des plafonds précis — et, cette année, agir avant le 31 décembre pour la prime de partage de la valeur, dont le régime de faveur arrive à échéance. Tour d'horizon des dispositifs à envisager, avec les montants applicables en 2026.
1. Chèques cadeaux aux salariés — exonérés jusqu'à 200 € par événement
Les bons d'achat et chèques cadeaux offerts aux salariés échappent aux cotisations sociales lorsqu'ils restent, par salarié et par événement, sous le seuil de 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 200 € en 2026 (le PMSS s'élevant à 4 005 €). Les événements admis sont limitativement listés par l'URSSAF : Noël (du salarié et de ses enfants), mariage ou Pacs, naissance ou adoption, départ à la retraite, fête des mères et des pères, Sainte-Catherine et Saint-Nicolas, rentrée scolaire (selon des conditions d'âge des enfants). Le seuil s'apprécie événement par événement : un même salarié peut donc recevoir plusieurs bons dans l'année sans cotisations, à condition de rester sous 200 € à chaque occasion.
2. CESU préfinancé — jusqu'à 2 591 € d'aide exonérée, dirigeant compris
Le CESU préfinancé permet à l'entreprise de participer aux dépenses de services à la personne de ses salariés (garde d'enfants, ménage, soutien scolaire…). La participation de l'employeur est exonérée de cotisations et d'impôt dans la limite de 2 591 € par bénéficiaire en 2026, un plafond ouvert au dirigeant comme aux salariés.
À savoir : la part prise en charge par l'entreprise et exonérée doit être déduite de la base du crédit d'impôt « services à la personne » (CGI art. 199 sexdecies) — elle n'y ouvre pas droit. En revanche, le reste à charge effectivement payé par le bénéficiaire peut, lui, ouvrir droit au crédit d'impôt dans les conditions habituelles.
3. Cadeaux clients et fournisseurs — déductibles, TVA récupérable jusqu'à 73 €
Les cadeaux d'affaires sont déductibles du résultat s'ils relèvent d'une gestion normale : offerts dans l'intérêt de l'entreprise, d'une valeur raisonnable, et dûment justifiés (liste des bénéficiaires, nature du cadeau).
Côté TVA, elle n'est récupérable que si la valeur du cadeau — frais d'emballage et de port inclus — n'excède pas 73 € TTC par bénéficiaire et par an (seuil en vigueur à la date de publication, la révision quinquennale n'ayant pas été publiée au Journal officiel). Point de vigilance : un dépassement, même d'un euro, fait perdre la totalité de la TVA, et non la seule fraction excédentaire. Enfin, si le total des cadeaux dépasse 3 000 € sur l'exercice (hors objets publicitaires d'une valeur unitaire ≤ 73 € TTC), ils doivent figurer sur le relevé des frais généraux (imprimé 2067).
4. Chèques-vacances — un coup de pouce exonéré, y compris pour le dirigeant
Dans les entreprises de moins de 50 salariés dépourvues de CSE, la contribution de l'employeur aux chèques-vacances est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 30 % du SMIC mensuel brut, soit 560 € par bénéficiaire et par an depuis la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 (546,90 € sur la première partie de l'année). Restent dus, le cas échéant, la CSG/CRDS et le versement mobilité. Le dirigeant peut en bénéficier dans ces mêmes structures, sous réserve d'une modulation identique à celle des salariés. La fraction versée au-delà du plafond redevient soumise à cotisations.
5. Prime de partage de la valeur (PPV) — 2026, dernière année du régime de faveur
La PPV peut être versée jusqu'au 31 décembre 2026. Elle est exonérée de cotisations dans la limite de 3 000 € par bénéficiaire (6 000 € notamment en présence d'un accord d'intéressement). Dans les entreprises de moins de 50 salariés, pour les salariés dont la rémunération des douze mois précédents est inférieure à 3 SMIC, elle est en 2026 également exonérée d'impôt sur le revenu et de CSG/CRDS.
C'est la dernière fenêtre. En l'état du droit, à compter du 1er janvier 2027, cette exonération renforcée disparaît : la prime resterait exonérée de cotisations dans les mêmes plafonds, mais redeviendrait soumise à la CSG/CRDS et à l'impôt sur le revenu — sauf affectation à un plan d'épargne salariale ou retraite (PEE/PER) dans les délais légaux, qui préserve l'exonération d'impôt. Un projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, encore en discussion, pourrait maintenir l'exonération de CSG/CRDS pour les petites entreprises et les bas salaires — mais pas celle d'impôt ; option législative à confirmer. Seule compte la date de versement : pour sécuriser le régime 2026, la prime doit être versée au plus tard le 31 décembre 2026.
6. Mécénat d'entreprise — 60 % de réduction d'impôt
Un don à un organisme d'intérêt général (association, fondation) ouvre droit à une réduction d'impôt de 60 % du montant versé — 40 % pour la fraction des dons supérieure à 2 M€ sur l'exercice —, retenu dans la limite du plus élevé de 20 000 € ou de 5 ‰ du chiffre d'affaires HT. L'excédent est reportable sur les cinq exercices suivants.
Le mécénat peut aussi prendre la forme d'une mise à disposition de salariés (mécénat de compétences), valorisée au coût de revient et plafonnée, par mois et par salarié mis à disposition, à trois fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale (12 015 € en 2026), au prorata du temps consacré. Un levier encore sous-utilisé par les PME, qui complète utilement une politique de fin d'année.
À anticiper avant le 31 décembre 2026
- PPV : verser avant le 31/12 pour profiter du régime de faveur — la priorité de l'année.
- Chèques cadeaux, chèques-vacances, CESU : engager les commandes et versements sur l'exercice.
- Cadeaux clients : conserver les justificatifs et surveiller le seuil de 73 € TTC par bénéficiaire.
- Mécénat : finaliser les dons avant la clôture.
Chaque dispositif obéit à des conditions précises, et les plafonds évoluent chaque année. Avant d'engager ces dépenses, un point avec votre expert-comptable permet de sécuriser l'exonération et d'arbitrer selon votre situation.
Le cabinet NEOMI accompagne les dirigeants de TPE-PME, indépendants et professions libérales à Moissy-Cramayel et dans le bassin de Sénart. Faisons le point avant la clôture.
Sources (à jour octobre 2026)
- PMSS 2026 (4 005 €) et chèques cadeaux : doctrine URSSAF (tolérance 5 % du PMSS par événement).
- CESU préfinancé 2026 : plafond 2 591 € (URSSAF / BOSS).
- Cadeaux d'affaires — TVA : 73 € TTC / bénéficiaire / an (CGI ann. IV art. 28-00 A ; BOFiP BOI-TVA-DED-30-30-50 §90).
- Chèques-vacances (<50 salariés sans CSE) : 30 % du SMIC mensuel brut, 560 € depuis la revalorisation du SMIC au 01/06/2026 (Code du tourisme art. L. 411-9 s. ; BOSS).
- PPV : loi n° 2022-1158 ; loi n° 2023-1107 ; régime renforcé jusqu'au 31/12/2026 ; projet LFSS 2027 (art. 7) en discussion.
- Mécénat : CGI art. 238 bis ; BOFiP BOI-BIC-RICI-20-30 (paramètres généraux non modifiés par la LF 2026).
Article d'information générale, à jour à sa date de publication ; ne constitue pas un conseil personnalisé.


